samedi 28 avril 2012

OHRWURM


SAMEDI 28 AVRIL 2012
20:00 > 06:00 >> Entrée libre

Festival OHRWURM, micro festival de création sonore et radiophonique

ohrwurmfestival.blogspot.fr

Pour sa quatrième édition, Ohrwurm s’entonne dans les grands fourneaux de la fonderie radiophonique, raclant, au passage, de l’étrange et du silence ; d’éther, d’or ou de plomb. Solfège spirite pour précipiter les sons disparus ou traitement documentaire pour oxyder le silence, la création sonore permet de revisiter nos rapports troubles avec le presque inaudible et le déjà inquiétant. Entre sondes et satellites, les pièces présentées s’offrent comme autant d’échappées hors de nos ordinaires sonores. 

Au programme : tables tournantes, excavations historiques et chevauchées fantastiques.






PARASITES
Anton Mobin
24:01

Prises de son, montage, mixage : Anton Mobin
Production : Anton Mobin, 2012 pour Ohrwurm
Voix : Lysvia Maïz, Rinus van Alebeek, Oscar Martin & Anton Mobin
Présentation de la pièce : Victor Jorge


Nous considérons comme conforme à la norme, l’enregistrement volontaire d’un signal perçu et donc perceptible. À l’inverse, étant moins fréquente et ne répondant pas aux mêmes canons, la démarche consistant à capter les signaux difficiles à distinguer de prime abord, presque inaudibles et/ou fondus les uns dans les autres, relèvera d’une pratique « anormale » de la prise de son. D’ordinaire, la qualité de cette dernière s’exprime en premier lieu par la valeur soustractive du son enregistré, autrement dit : c’est en isolant le signal de son univers sonore qu’on le donne à entendre dans son intégrité. Ne reste, pense-t-on, que ce que l’on a choisi : ce son pur baignant dans un halo de silence. Or, en matière de silence, la supernova nous en dit plus que le calme inquiétant qui plane au milieu d’un désert sans vent. Il n’y pas de son sans support et c’est pourquoi les étoiles meurent sans gémir. Le silence des hommes est un coureur de fond qui file à 343 mètres / seconde. Le comble est qu’il peut « sprinter » sous l’eau, atteignant les 1500 mètres /seconde. Simple loi acoustique : la densité du support fait la vitesse des ondes. Aussi, nous l’aurons compris, si « le silence est étrange » c’est avant tout parce qu’il cause… parce qu’il nous cause ! Le silence est un réservoir de signes. En fonction du contexte, il exprimera la satisfaction, la tranquillité, l’entente ou à l’inverse, la frustration, l’inquiétude, l’incompréhension. C’est à travers la mise en lumière et l’étude des bruissements qui se sont immiscés dans son œuvre qu’Anton Mobin interroge ici notre rapport ambigu à l’absence de bruit. Partant, il poursuit sa recherche initiée de longue date autour de ce qu’il définit lui-même comme des « ectosons » (ces composants discrets de nos quotidiens sonores et acteurs majeurs de notre perception des pseudo-silences). En conclusion, il s’agit moins pour l’artiste de traiter ici de l’étrangeté du silence en soi, que de confronter l’auditeur à la singularité de sa propre relation à l’insonorité…

Victor Jorge

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